30 000 élèves ingénieurs sont formés par an alors que l’économie française en aurait besoin de 50 000. D’où vient cette crise des vocations ?

Parmi d’autres facteurs, joue très probablement une image parfois négative de la technique – et notamment de ses conséquences sociales et environnementales.

Une pétition lancée par des étudiants de grandes écoles, comme le discours, devenu viral, d’un Centralien exigeant que son métier serve mieux l’humanité, manifestaient clairement le besoin qu’ont les jeunes générations d’inscrire leur action dans les grands défis de leur temps.

Cette exigence, l’ingénieur d’aujourd’hui l’exprime avec détermination en voulant placer son effort au service de grandes causes éthiques.

La figure de l’inventeur solitaire, découvreur isolé, est belle et bien dépassée. Les ingénieurs doivent poursuivre des réalisations collectives et internationales. Leur bureau d’étude, leur usine, leur open space est la planète.

Le défi environnemental suppose investissement et savoir-faire, tant pour donner naissance à des produits toujours plus économes en énergie que pour mettre en œuvre les méthodes industrielles écologiquement les moins coûteuses.

L’autre défi des ingénieurs du XXIe siècle est de placer la technique au service de l’homme.

Rien n’oblige ainsi à opposer recherche de performance, indispensable dans un monde toujours plus concurrentiel, et recherche de sens, en œuvrant pour la transition énergétique et des nouvelles technologies émancipatrices. On dit souvent aux jeunes ingénieurs qu’ils devront savoir assumer plusieurs rôles au cours de leur vie : inventeur, chercheur, manager. Une nouvelle figure de l’ingénieur dominera le XXIe siècle : celle de l’ingénieur humaniste.