Elle invite ses clients à régler leurs achats en échange de bouchons en plastique.

Le principe est simple : vous collectez des bouchons trouvés dans les rues ou sur les plages, pesez vos trésors (500 g équivalant à 1/2 boîte à chaussures remplie, soit 15 € d’achat) puis l’envoyez par colis en indiquant à l’avance le choix de votre produit. Bracelets, boucles d’oreille, porte-clés, thermos… Les consommateurs n’ont que l’embarras du choix pour allier tendance et éco-responsabilité.

Une nouvelle initiative originale et durable que vient de lancer Emmanuel Laurin, notamment organisateur du Grand Défi, la plus grande course en mer de ramassage de déchets en Europe. « L’ADN de notre association est la valorisation des déchets, rappelle d’emblée l’entrepreneur. J’ai voulu aller plus loin dans notre démarche. Nous avons récemment acquis une broyeuse dans nos locaux qui peut compresser le plastique. Il s’agit de plastique recyclable (PEHD), facilement stockable et coloré. Le but est de sensibiliser le plus de monde à cette problématique, sachant que le bouchon en plastique figure dans le top 10 des déchets les plus ramassés sur les plages du monde. Maintenant, au lieu de marcher sur la plage en passant à côté d’un bouchon, les gens feront peut-être instinctivement l’effort de le ramasser ».

Une interdépendance éco-citoyenne

L’initiative est de rigueur, sachant que la Méditerranée reste la mer la plus polluée au monde en déchets plastique. Et l’action devient même le nouveau pari d’Emmanuel. « Le but n’est pas que les gens nous renvoient les bouchons des bouteilles qu’ils ont achetées en supermarché, cela serait contre-productif et inciterait à la consommation de plastique. Nous demandons une photo d’eux pendant le ramassage, afin de leur faire prendre conscience des enjeux que nous mettons dans cette démarche ».

Déjà en lien avec une quinzaine d’associations locales, dont Palana Environnement, Clean my Calanques ou encore 1 déchet par jour, Sauvage Méditerranée fait peu à peu prospérer ses gammes de produits. Elle propose ainsi divers accessoires à des prix abordables, tous conçus à partir de déchets sauvages. Du made in Provence qui prône aujourd’hui l’upcycling sous toutes ses formes. « Des filets de pêche, du verre poli trouvé dans les calanques, des voiles de bateaux… Il y a beaucoup de déchets marins qui servent à élaborer nos produits. L’enjeu est double : vous protégez l’environnement, et vous nous fournissez la matière première pour nos accessoires ».

Emmanuel ne compte pas s’arrêter là : les premiers sacs en filets de pêche, en provenance de Marseille, seront disponibles sur la boutique en ligne dans le courant de l’automne, dont la production est confiée à un ESAT, structure de réinsertion par l’emploi. En somme, consommer Sauvage revient à : 1) consommer local, 2) s’inscrire dans une démarche éco-citoyenne, 3) valoriser l’économie circulaire. Quoi d’autre ?